Bishop Gregory (hgr) wrote,
Bishop Gregory
hgr

Что первично?

это одна еще не вышедшая моя статья, которая касается отношения христианства к различным религиозным течениям иудейского мира. там и основная библиография по этим проблемам. в частности, там и о том, что раввинистический (талмудический) иудаизм -- религия новая, а христианство продолжает традиции Храма.
статья на французском. почему не на русском -- это ясно, а не на английском потому, что не хочется поощрять варварства. мои иезуиты и примкнувшие к ним, в частности, покойная Анни Жобер, которой посвящена статья, и примкнувшие к ним доминиканцы из École biblique в Иерусалиме пишут по-французски, и я даже думаю по-французски, когда речь идет о подобных предметах.

Annie Jaubert et les études de l’Orient
Chrétien



 



Aux yeux des
contemporains aussi qu’à ses propres yeux, Mlle Jaubert n’était
qu’un exégète et un étudiant du christianisme primitif. Aujourd’hui
cependant, jetant l’œil sur la rétrospective historique, on voit bien
davantage.



Dans le contexte actuel, Mlle
Jaubert se présente comme un des découvreurs — et je suppose
même que je d
oive dire le découvreur
— d’une
dimension nouvelle de
la science sur l’Orient Chrétien. Il s’agit de l’utilisation systématique
des données subsistantes dans les traditions chrétiennes
orientales aux buts de reconstruction des traditions juives
préchrétiennes. Ici, Mlle Jaubert avait quelques
prédécesseurs, même illustres, mais c’est à Mlle
Jaubert qu’on doit du fondement théorique des pareilles études.



Il y a une différence
importante, se limite-on par un travail philologique de l’édition des
textes des œuvres juives anciennes subsistantes dans les versions et les
recensions chrétiennes ou bien fait-on des tentatives d’en reconstruire
les mouvements religieux, leurs théologies et liturgies, au sein
desquels ces œuvres-là ont été engendrées.
Dans le dernier cas, on se rencontre avec une variété religieuse
au-dedans du monde juif avant J.-C., et on a donc besoin de tenir compte des
traditions juives qui ont effectivement contribuées à la
formation des traditions chrétiennes. L’usage des données
chrétiennes pour l’étude des traditions juives
préchrétiennes dépend donc de notre conception des
origines chrétiennes, mais notre conception de celles-ci, à son
tour, peut profiter de l’usage de ces données.



Dans le domaine
de la théorie, Mlle Jaubert n’avait qu’un unique
prédécesseur, R. H. Charles, qui d’ailleurs n’était pas
aussi fortuné. Charles partageait la croyance commune de plusieurs de ses
contemporains que les chrétiens ont devenu des héritiers de la
tradition « prophétique », et spécialement
« apocalyptique », du judaïsme ancien, abandonnée par le
judaïsme rabbinique[i].
Mais, ce qui est devenu clair surtout après Qoumrân,
cette tradition « prophétique » ou « apocalyptique »
dans le judaïsme ancien n’existait que dans l’imagination des savants, et,
d’ailleurs, le judaïsme à l’aube de l’ère chrétienne
fut si divisé qu’il est impossible de le considérer comme un
culte unique. Il fallait donc indiquer les courants religieux dans le monde
juif de l’époque néotestamentaire qui ont été
responsables de la préformation des traditions chrétiennes. Plus
précisément, il fallait trouver des invariants communs au
christianisme primitif et à certaines traditions juives
préchrétiennes, mais étrangers aux autres traditions
juives, pré- et post-chrétiennes, y compris le judaïsme
rabbinique.



C’est ici que se
pose la découverte faite par Mlle Jaubert au début des
années 1950, immédiatement après la découverte des
manuscrits de la Mer Morte en 1947.



Le mot-clef de sa
découverte, c’est peut-être l’adjectif « sacerdotal ».



Évidemment,
la tradition rabbinique ne saurait être sacerdotale, tandis que la
tradition chrétienne l’est. Non seulement les chrétiens ont
établi leur sacerdoce propre, mais ils insistaient, surtout à l’époque
ancienne, que leur sacerdoce ne soit qu’une continuation directe de celui
vétérotestamentaire[ii].
Ces thèmes ne sont devenus d’ailleurs un objet d’études de Mlle
Jaubert que les années 1960[iii],
lorsque la
rétrospective vétérotestamentaire dans les études du
christianisme ancien était déjà pour elle bien
définie. Ce n’est pas les documents chrétiens qui ont
donné l’impulse initial à sa pensée, mais les documents
juifs, qoumrâniens et autres, comme Le Livre
des Jubilées
.



Tout a
commencé par le calendrier de 364 jours que Mlle Jaubert a nommé
« sacerdotal » par son appartenance, d’après elle, au Code
Sacerdotal biblique. Ce nom s’est trouvé n’être pas très
heureux parce que les origines de ce calendrier sont assez discutables[iv],
et, en tout cas, son adaptation par le (un ?) culte juif  est postérieure au Code Sacerdotal. On
connaît maintenant le modèle babylonien du calendrier hébreu
de 364 jours. C’est un calendrier décrit dans un traité
astronomique babylonien nommé MUL.APIN (« Étoile
polaire »), de 364 jours il aussi[v],
mais le Code Sacerdotal est maintenant redaté
par une époque plus haute que l’Exil babylonien[vi].
Il nous reste donc à discuter d’une possible présence d’un
calendrier de 364 jours dans certaines recensions tardives de ces livres
bibliques qu’on attribue au Code Sacerdotal, mais la discussion sur la
présence d’un pareil calendrier dans le Code lui-même peut
être considérée comme terminée.



Toutefois, le
calendrier de 364 jours est « sacerdotal » dans un autre sens, qui
est d’ailleurs plus intéressant pour notre propos. C’est un calendrier
parfaitement approprié aux buts cultuels et même au temple et au
sacerdoce spécifiques. C’est un trait unique, tout à fait
étranger au calendrier rabbinique lunaire ainsi qu’au calendrier solaire
de 365 jours, saisi par Mlle Jaubert bien avant des études approfondies
de l’espace cultuel de 1 Enoch, des liturgies des Cantiques du Sacrifice
de Sabbat
et du Rouleau du Temple ou des cours sacerdotaux de 4Q’Otot[vii].
Un pareil calendrier serait donc complètement inutile aux mouvements
religieux privés du sacerdoce, comme le pharisaïsme ou le
judaïsme rabbinique. En même temps, il est très informatif
sur la structure du culte correspondante, y compris la structure du temple,
parfois l’organisation des services des prêtres, et toujours — parce que
nos temples terrestres sont modelés d’après le Tabernacle
céleste (Exode 25, 9) — sur la structure interne des Cieux, c’est
à dire la structure que voient les visionnaires dans les apocalypses. Le
calendrier liturgique, c’était donc une formule cosmologique, liturgique
et — disons avec Mlle Jaubert — sacerdotale, et on ne sera pas trop
étonné lorsqu’on voit la question de calendrier au centre des luttes
entre les courants divers du judaïsme ancien. On le verra, même dans
le Mémorial présent, que l’actualité du calendrier
de 364 jours pour le christianisme naissant reste discutable jusqu’aujourd’hui,
mais nous avons à revisiter ce problème quelques lignes plus loin.



Or le calendrier
n’était qu’une formule — ou, plutôt, le squelette — de la
tradition commune au christianisme naissant et à sa matrice juive, la
tradition qu’il fallait rechercher. Une notion beaucoup plus vaste, quoique
aussi commune pour les traditions messianiques préchrétiennes et
chrétiennes, c’est la notion d’Alliance, à laquelle Mlle Jaubert
a consacré sa thèse de doctorat. Elle traçait l’histoire
de l’Alliance et surtout celle de la Nouvelle Alliance à partir du
Code Sacerdotal et de Jérémie jusqu’au Nouveau Testament à
travers des œuvres intertestamentaires et qoumrâniennes,
et c’était pour la première fois que la théologie du
christianisme primitif ait été présentée comme un
fruit d’un développement continuel et organique d’une théologie
hébreu. Afin de mieux saisir l’importance d’un
pareil résultat, qu’on rappelle qu’à l’époque, la
littérature intertestamentaire n’était pas normalement
considérée comme un segment nécessaire de la ligne qui conjoint
entre eux la Bible hébraïque et le Nouveau Testament, mais
plutôt comme un produit des mouvements excentriques et sectaires. D’ailleurs,
l’approche commune à la théologie du Nouveau Testament impliquait
une sorte du « marcionisme scientifique », où on tentait
d’expliquer la naissance de la christologie comme une création ex nihilo.[viii]



Ce sont les
découvertes de Qoumrân qui ont
catalysé, dès les années 1950, un changement rapide de
tout ce tableau du monde religieux juif à l’aube de l’ère
chrétienne.



Au point de vue
de la patrologie et, de façon plus générale, des
études de l’Orient Chrétien, il y a deux noms qu’on doit rappeler
ici immédiatement : celui de Mgr Jean Daniélou († 1974) et
celui de Mlle Annie Jaubert. On pourrait même préciser les titres
de leurs travaux les plus révolutionnaires : Théologie du
judéo-christianisme
(1958)[ix]
et La date de la Cène (1957). Les deux monographies contenaient
un nombre des points critiquables, mais leurs contributions principales
présentaient un nouveau paradigme scientifique (au sens de T. Kuhn,
l’auteur de The Structure of the Scientific
Revolutions
, 1962, dont le livre, paru à
la même époque, a marqué une révolution dans la
science de l’histoire de la science[x]). 



Oui, les
critiques de Mgr Daniélou pouvaient lui reprocher à juste titre que
sa reconstruction d’une unique « théologie
judéo-chrétienne » ne résiste pas aux faits, qu’il
n’y avait aucune « théologie » commune à toutes les
communautés judéo-chrétiennes[xi].
N’importe : ce qui valait mieux, ce n’était pas la reconstruction,
mais l’idée que toute la théologie chrétienne avant
la deuxième moitié du IIe
siècle ait été, dans un sens,
« judéo-chrétienne », d’où encore une conclusion
de valeur capitale — que les œuvres pseudépigraphiques
répandues parmi les chrétiens doivent être
utilisées, tout d’abord, comme les sources sur la pensée
théologique au-dedans de la Grande Église, quoique en une
époque postérieure, au IIIe et surtout au IVe
siècles, les mêmes pseudépigraphes deviennent plus familiarisés
par les sectes. Or, une grande partie de ces pseudépigraphes a été
d’origine juive et pré-chrétienne, d’où s’ensuivait
presque automatiquement l’idée centrale de tout « le
paradigme scientifique » en question :
la théologie
du christianisme naissant se développait comme une continuation d’une ou
de plusieurs traditions juives
. Le paradigme vieilli, que la
théologie chrétienne ait été
« inventée » par quelques-uns en opposition à la
tradition théologique juive, a été désormais abandonné.



Qu’on tienne
compte qu’une révolution religieuse comme la venue du Messie n’est pas nécessairement
une révolution théologique. Dans le cas où cette venue est
accomplie en correspondance exacte avec les prophéties
(c’est-à-dire, avec la tradition exégétique dans
laquelle on transmettait des pareilles prophéties[xii]),
on saurait attendre dans la théologie plutôt une évolution
qu’une révolution. Le paradigme nouveau, adopté par Mgr
Daniélou et Mlle Jaubert, c’était donc un paradigme
« évolutionniste » au lieu d’un paradigme
« révolutionnaire ». La première théologie
chrétienne a été, d’après eux, une théologie
juive pré-chrétienne où la partie majeure des
prophéties pour les temps messianiques est considérée
comme accomplie[xiii].



Or, la
théologie d’inspiration vétérotestamentaire s’expliquait
tout d’abord par le langage du culte dont la partie la plus informative est
devenu, dans les derniers siècles avant J.-C., le calendrier liturgique
— le point central des études de Mlle Jaubert en 1950s.



 Tout en étant un co-auteur du
même paradigme scientifique que Mgr Daniélou, Mlle Jaubert a donc
fourni la première théorie, dans le cadre du même
paradigme, acceptable comme une base de travail : il faut tracer
l’histoire de  la théologie se
basant sur le langage liturgique (dont la partie centrale est le calendrier)
,
et non sur les constructions intellectuelles, comme le voulait Mgr
Daniélou. Loin de considérer le christianisme ancien comme un
mouvement adogmatique ou, du moins, n’ayant aucun système
théologique[xiv],
Mlle Jaubert ne suivait pas Mgr Daniélou dans les recherches d’un fil
purement intellectuel pour devenir capable de surmonter les labyrinthes des
idées qu’on trouve dans les sources. Au lieu de ceci, elle s’est
tourné vers la liturgie, avec son calendrier et son sacerdoce — et avec
la conception de l’Alliance sur laquelle cette liturgie a été
basée. Ainsi Mlle Jaubert a saisi le nerf du système
théologique tout entier : dans le christianisme naissant,
c’était la liturgie juive et non la logique grecque.



Il en va sans
dire que les deux, Mgr Daniélou et Mlle Jaubert, insistaient sur la
nécessité  d’étudier
la littérature pseudépigraphique comme les sources de la
théologie au-dedans de la Grande Église et la matrice juive du
christianisme.



Il serait
légitime de préciser quelque chose davantage. Le langage
liturgique dont il s’agit chez Mlle Jaubert, c’est toujours le langage
sacerdotal. La liturgie sans aucun sacerdoce, tout en étant possible
(par exemple, dans les judaïsmes rabbinique et karaïte ou le
protestantisme), était sans doutes hors des frontières du
christianisme naissant et de sa matrice juive. Donc, lorsque Mlle Jaubert dit
« sacerdotal », cela veut dire souvent tout simplement « liturgique ».
Sa méthode n’était, en effet, qu’une application
systématique de la liturgie historique à l’histoire des
traditions religieuses entières, la méthode tout à fait
justifiable en ce qui concerne le monde juif aux abords de l’ère
chrétienne. Nous discutons d’ailleurs la nouveauté et les
perspectives d’une pareille approche qui ne fut jamais, aujourd’hui non plus,
familière aux étudiants du Nouveau Testament[xv].
Ce qu’il nous était important de noter ici, ce que la théorie adoptée
par Mlle Jaubert, à savoir que le cordon ombilical conjoint le
christianisme avec sa matrice juive soit accessible à partir de la
liturgie, l’a fait développer une approche de liturgie comparée
aux études du Nouveau Testament.



Mais laissons
pour le moment de coté la contribution de Mlle Jaubert aux études
liturgiques pour revenir à notre thème central des études
de l’Orient Chrétien.



Ce sont les
données des traditions chrétiennes orientales qui ont fourni à
Mlle Jaubert les preuves décisives de l’existence du calendrier de 364
jours dans les milieux chrétiens. Mais les critiques, dès Patrick
Skehan en 1958[xvi]
jusqu’à Walter D. Ray dans le présent Mémorial, indiquent
en revanche que ces données sont trop fragmentaires pour en conjecturer
quelque chose sur la communauté de Jésus. Il est
nécessaire de s’arrêter un peu sur ce point.



Ce qui est le
plus évident, c’est un problème de la connaissance des sources
orientales sur l’usage du calendrier de 364 jours ou de certaines
particularités liées à celui-ci (comme, par exemple, la
commémoration de la Cène le mardi). En effet, elles sont beaucoup
plus nombreuses que celles qu’a trouvées Mlle Jaubert et existent
à peu près dans toutes les traditions orientales[xvii].
Cependant la spécialisation sur le Nouveau Testament et même sur
le christianisme primitif ne présuppose jusqu’à maintenant aucune
connaissance approfondie des sources chrétiennes orientales. D’ailleurs,
la spécialisation dans les christianismes orientaux, malgré des
efforts des certains savants et même de certains milieux scientifiques
(comme le cercle de la rédaction pré-révolutionnaire de
notre revue
Христианский Восток),
ne présuppose, à son tour, aucun
intérêt ni connaissance des problèmes des origines
chrétiennes. À mon avis, ces barrières interdisciplinaires
sont l’unique raison pourquoi l’assortiment des sources discutées en
connexion à l’hypothèse de Mlle Jaubert est jusqu’ici si pauvre.



Ce qui va
ensuite, c’est un problème de méthode. Il ne suffit pas de
collectionner les sources, il faut les mettre en ordre. Par exemple, les
évidences présentées par M. van Esbroeck
dans le présent Mémorial ont leur origine, parfois
éloignée, à Jérusalem, et une pareille localisation
de la tradition du calendrier de 364 jours ne saurait être tout à
fait sans importance pour les recherches du calendrier primitif de la
communauté chrétienne de cette même ville. Or cette
localisation dans Jérusalem ne serait jamais possible sans la
méthode de l’hagiographie critique que le Père van Esbroeck applique à ses sources — des
légendes hagiographiques orientales (et parfois occidentales) qui
reflètent les querelles christologiques des Ve et VIe
siècles ! Rien d’extraordinaire si l’hagiographie fournit des
données à la liturgie comparée, mais c’est hors d’habitude
lorsqu’il s’agit d’un domaine relevant des études
néotestamentaires.



La liturgie
comparée, c’est, à mon avis, l’unique méthode qui saurait être
applicable pour établir la forme du calendrier de la communauté
de Jésus, et j’ai essayé de le démontrer dans ma propre
contribution à notre Mémorial. Mais il faut souligner que
cette même méthode a été testée pour la
première fois, quoique sans la nommer, par Mlle Jaubert elle-même.



Enfin, un autre
thème majeur de Mlle Jaubert, celui de l’Alliance, ne doit pas
être occulté par la question de calendrier. Aujourd’hui il est
temps de constater que l’idée d’une alliance renouvelée n’a pas
cessé être productive dans le christianisme comme elle
l’était dans les mouvements juifs pré-chrétiens.  Il semble que c’est une idée centrale
du monachisme et un fondement théologique de la vie ascétique au
IVe siècle[xviii],
dont les racines sont naturellement dans le christianisme avant Nicée[xix].



L’impetus donné par Mlle Jaubert aux
études de l’Orient Chrétien ne se limite pas par
l’intensification de l’usage des sources orientales dans les études du
christianisme ancien, ni même par l’application de la liturgie
comparée (discipline enfantée dans le milieu des études de
l’Orient Chrétien) aux études néotestamentaires. Elle a ouvrit
des perspectives nouvelles pour les études des traditions juives, ce qui
n’est pas moins important pour les études des origines
chrétiennes[xx].



C’est ici qu’on
voit la dimension nouvelle des études de l’Orient Chrétien dont Mlle
Jaubert est devenue un découvreur et, oserais-je dire, le premier
théoricien à succès. Si le christianisme héritait
d’une (ou des) tradition(s) juive(s) sacerdotale(s), au contraire du
judaïsme rabbinique privé du temple et du sacerdoce, les
données chrétiennes peuvent être utilisées dans les
études de ces formes du judaïsme, souvent mieux que les sources rabbiniques.
En effet, les judaïsmes « sacerdotaux », c’est-à-dire
ayant sacerdoce, sacrifices, temple ou tabernacle, sont assez nombreux. Pas
seulement les mouvements religieux de l’époque du Second Temple, y
compris la secte de Qoumrân, mais encore
quelques traditions survivantes (comme les Samaritains et les Beta Israël (Falachas)
éthiopiens) et disparues (comme la tradition peu connue qui a
engendré la littérature des Hekhaloth[xxi],
probablement le premier judaïsme des Khazars[xxii]
et une secte juive de l’Arabie par laquelle a été
influencée la structure du sanctuaire de la Mecque[xxiii]).



Ces perspectives
des études de l’Orient Chrétien aux intérêts de
l’Orient pré-chrétien et non-chrétien, c’est une nouvelle
dimension de notre discipline scientifique qu’elle doit à Mlle Jaubert[xxiv].



</div>











[i] Cf. son article sommaire publié
dans ses années tardives : «
But though Christianity was in spirit the
descendant of ancient Jewish prophecy, it was no less truly the child of that
type of Judaism which had expresse dits highest aspirations and ideals in pseudepigraphic and
Apocalyptic literature. <...> It was Christianity that preserved Jewish
Apocalyptic, when it was abandoned by Judaism as it sank into Rabbinism
<…> »
(R. H. Charles, W. O. E. Oesterley, Apocalyptic Literature // Encyclopaedia Britannica.
Vol. 2 (Chicago—London—Toronto, 1956) 103–104. Cf.
une critique de l’attitude de Charles chez J.
H. Charlesworth,
The
Old Testament Pseudepigrapha
and the New Testament.
Prolegomena for the Study of
Christian Origins (Cambridge etc., 1985) (Society for New Testament Studies.
Monograph Series, 54)
30–31. Au titre des œuvres classiques représentant les attitudes de
l’époque on doit consulter
W. Bousset, Der Antichrist in der Überlieferung des
Judentums, des Neuen Testaments und der alten Kirche. Ein Beitrag zur Auslegung
der Apocalypse (Göttingen, 1895) ; P. Volz, Die Eschatologie der jüdischen Gemeinde im
neutestamentlichen Zeitalter nach den Quellen der rabbinischen, apokalyptischen
und apokryphen Literatur dargestellt. 2. Aufl. (Tübingen, 1934).







[ii] Cf., pour la discussion mise au jour: R. Bauckham, Jude
and the Relatives of Jesus in the Early Church (Edinburgh, 1990) ; J. Painter, Just James. The Brother of
Jesus in History and Tradition (Columbia, 1997) (Studies on personalities of
the New Testament).
Sur « les
thèmes lévitiques », aussi chers
à Mlle Jaubert (v. sa Bibliographie), dans les généalogies
de Jésus, voir surtout : M. de
Jonge,
Two Messias in the Testaments of the Twelve
Patriarchs ? // Tradition and
Re-Interpretation in Jewish
and Early Christian Literature (FS J. C. H. Lebram) /
J. W. Van Henten, H. J. de Jonge
et al., eds.
(Leiden,
1986) (Studia Post-Biblica,
36) 150–162 [
republié
dans
: Idem, Jewish Eschatology, Early
Christian Christology and the Testaments of the Twelve Patriarchs.
Collected Essays (Leiden—N. Y.—København—Köln, 1991)
(Supplements to Novum Testamentum,
63) 191–203] et Idem, Hippolytus’ « Benedictions of Isaac, Jacob and
Moses » and the Testaments of the Twelve Patriarchs // Bijdragen
46 (1985) 245–260 [republié dans: Idem,
Jewish Eschatology…, 204–219].







[iii] Cf. ses études sur la Prima Clementis et l’Évangile de Jean (surtout ce
qu’elle écrit sur Jean le Baptiste) ; v. Bibliographie.







[iv] Cf. note 4 dans B. Lourié, Les quatre jours
« de l’intervalle » : une modification néotestamentaire
et chrétienne du calendrier de 364 jours (dans le Mémorial présent).







[v] M. Albani,
Astronomie und Schöpfungsglaube. Untersuchungen zum Astronomischen
Henochbuch (Neukirchen—Vluyn, 1994) (Wissenschaftliche Monographien zum Alten
und Neuen Testament, 68).







[vi] Indépendamment par Israel Knohl et Jacob Milgrom. Voir I. Knoll,
The Sanctuary of Silence. The Priestly Torah and the Holiness School
(Minneapolis, 1995) [
en
hébreu: Jérusalem
, 1992); J. Milgrom, Leviticus 1–16. A New Translation
with Introduction and Commentary (N. Y. etc., 1991) (The Anchor Bible, 3)
13–35.







[vii] Voir : Albani, Astronomie
und Schöpfungsglaube...; D. K. Falk, Daily, Sabbath, and Festival
Prayers in the Dead Sea Scrolls (Leiden—Boston—Köln,
1998) (Studies on the Texts of the Desert of Judah, 27), spéc.
126–149 (sur les ShirShabb) ; J. Maier, The Temple Scroll. An
Introduction, Translation & Commentary
(Sheffield, 1985) (JSOT. Suppl.
Ser., 34) ; U. Gleßmer, The Otot-texts
(4Q319) and the Problem of Intercalations in the Context of the 364-day
Calendar // Qumranstudien.
Vorträge und Beiträge der Teilnehmer des
Qumranseminars auf dem internationalen Treffen der Society of Biblical
Literature, Münster, 25.-26. Juli 1993 / H.-J. Fabry, A. Lange, H.
Lichtenberger (Hgg.) (Münster, 1995) (Schriften des Institutum Judaicum
Delitzschianum, 3) 125–164.







[viii] Sur les pareils sous-entendus de
l’école allemande, la plus autoritaire et influente, on pourrait
consulter avec profit, par exemple, Craig A. Evans,  Recent development in Jesus Research : Presuppositions, Criteria, and Sources // Idem, Jesus and His Contemporaries.
Comparative Studies
(Leiden—N.
Y.—Köln,
1995) (Arbeiten zur Geschichte
des antiken Judentums und
des Urchristentums, 25) 1–49, spéc.
p. 20, conclusion sur Bultmann:
« This thinking <...> grows out of a theology that places great
emphasis on how Jesus was different from (i. e.
‘superior to’) Judaism. In essence what we have in Bultmann
and his pupils is apologetics not history ».
À l’époque présente, ce sont
des précautions de nature contraire qui ont devenues peut-être
plus actuelles ; cf. D. A. Hagner, The Jewish Reclamation of Jesus.
An Analysis and Critique of Modern
Jewish Study of Jesus / With a Foreword by Gösta
Lindeskog (Grand Rapids, MI, 1984).







[ix] L’édition posthume, avec quelques additions
éditoriales : J. Daniélou,
 Histoire des doctrines
chrétiennes avant Nicée. I. Théologie du
judéo-christianisme (Paris, 1991).







[x] L’histoire des humanitas, non moins que
celle des sciences dites « exactes » devrait devenir un objet de
l’application des théories de Thomas Kuhn et d’Imre Lakatos
sur les mécanismes internes du développement de la connaissance
scientifique. Les études des judaïsmes anciens et des origines
chrétiennes dans le siècle passé sont riches d’exemples
très marquants du changement des « paradigmes » de Kuhn et des
« programmes scientifiques » de Lakatos.







[xi] Cf. la formulation de Marcel Simon: « Le
judéo-christianisme tel que le conçoit Daniélou,
c’est-à-dire en tant que théologie structurée et
cohérente, représente une abstraction. » (M. Simon, Réflexions sur le
judéo-christianisme // Christianity, Judaism and Other
Greco-Roman Cults.
Studies for Morton Smith at Sixty / Ed. by R. Neusner. Part II. Early Christianity (Leiden,
1975) 53–76, spéc. 56).







[xii] Lourié, Les quatre jours « de
l’intervalle »..., partie 4.3 et note 42.







[xiii] Bien qu’il serait prématuré de dire que ce paradigme
« évolutionniste » soit devenu maintenant le plus dominant, on
peut le nommer très influent. Cf., par ex., Ch. Rowland, Christian Origins.
An Account of the Setting and
Character of the Most Important Messianic Sect of Judaism (London, 1985) p. xvii:
“… I have assumed that, in early Christianity, we are dealing with a Jewish
messianic sect…”; cf.
de meme ibid., p. 75–80
(“Christianity as a Jewish Sect”).







[xiv] L’absence d’un système théologique basé sur la
philosophie grecque, ce n’est pas la même chose que l’absence de
système quelconque — circonstance ignorée si souvent par les
historiens de la théologie chrétienne, même à notre
époque ; cf., par ex. : « Natürlich
has es in dieser Frühzeit keine schulmäßig betriebene systematische Theologie gegeben » [W. Schneemelcher, Das Urchristentum (Stuttgart—Berlin—Köln—Mainz, 1981) (Urban-Taschenbücher,
336) 165]. Cela serait « natürlich » dans
l’unique cas si la théologie chrétienne est une invention sur la
place vide.







[xv] Lourié, Les quatre jours « de
l’intervalle »...







[xvi] Voir note 15 dans Lourié, Les quatre jours « de
l’intervalle »...







[xvii] Cf. surtout M. van Esbroeck, L’année
régulière de 364 jours dans la controverse au sujet de
Chalcédoine (dans le présent Mémorial), de
même que Lourié, Les
quatre jours « de l’intervalle »...





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